Pourquoi le Saphir Optimiste ?

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Photo prise dans le cadre du projet du centre de savoir au Cameroun
Magnifique forêt du Manengouba au Cameroun

Deux événements sont à l’origine de ce projet centré sur la valorisation de l’humain. Le premier concerne la mise en œuvre de centres de savoir au Cameroun et en Haïti et le deuxième fait suite à la rencontre de la fondatrice de Neige en couleur qui donne des ateliers d’écriture optimiste.
Pour les centres de savoir c’est un projet que j’ai mené avec l’ONG montréalaise Micro-Recyc-Coopération avec l’appui de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Micro-Recyc donne une seconde vie au matériel informatique en le reconditionnant  au Canada pour en faire bénéficier les établissements d’enseignement en Afrique Haïti. Occupant le poste de responsable des communications j’ai eu l’occasion de faire en 2012 un suivi de projet des stagiaires du programme Québec Sans Frontières* au Cameroun dans la région du Manengouba et plus précisément dans le village de Mbouroukou. Les stagiaires avaient donné aux villageois des cours d’initiation à l’informatique sur les ordinateurs installés au préalable par Micro-Recyc. Ainsi une bonne partie du village a pu s’initier à l’informatique et à la découverte de l’internet.

Sur place j’ai eu le coup de cœur pour la région et les populations locales. En effet la nature y est abondante, belle, luxuriante et tout y pousse facilement, de plus  les villageois y sont aussi accueillants que généreux. Par contre j’ai été choqué par le décalage entre autant d’abondance de la nature (tomates ananas, goyave, avocats etc) et de l’autre côté autant de pauvreté chez les individus. Je me suis interrogé sur les facteurs contribuant à cette pauvreté. Parmi les multiples raisons, deux points en particulier me semblait ressortir: le manque d’accès à l’information (exemple le prix de vente réel du café) et le manque cruel de valorisation des populations dans ce qu »ils sont et ce qu’ils font. Concernant ce dernier point j’ai été interpellé par cette idéalisation de l’occidental, qui est censé avoir la science infuse et d’être riche à millions.En parallèle les populations perdent leurs savoirs ancestraux contribuant d’une certaine façon à leur appauvrissement.

De retour à Montréal au Canada l’idée germait de mener à bien un projet qui puisse valoriser et servir les populations locales et en particulier celle du village rural de Mbouroukou. L’occasion s’est manifestée en proposant à l’Organisation Internationale de la Francophonie le projet de création de deux centres de savoir au Cameroun et en Haïti dans le cadre du programme les inforoutes. Le concept du projet repose sur deux objectifs. Le premier est de valoriser les populations locales et leur savoir, le deuxième est de partager les savoirs et informations pour améliorer le quotidien via l’informatique. Cette dernière constitue la base technique du projet avec un site internet et des réseaux sociaux pour chaque centre ainsi que les membres du projet formés à l’informatique.

Dans cette optique de valorisation plusieurs moyens étaient utilisés dont l’identification d’acteurs locaux pouvant servir de sources d’inspiration. Parmi ces moyens je réalisai des portraits en photo des acteurs locaux, il y avait ensuite des articles réalises par le coordonnateur du centre pour le site internet. Avec l’équipe nous réalisions des sorties de promotion du projet dans les villages environnants et je dois avouer que la photo et la vidéo avaient impacts beaucoup plus grands que les mots. Une image vaut mille mots et a plus d’impact que les discours en tout cas c’est ce que j’observais dans le contexte du projet. J’ai pu constater à quel point le fait de se voir en photo changeait complètement le regard des populations locales sur elles mêmes.

Cette expérience professionnelle mais surtout humaine m’a profondément marqué et a fait naitre en moi le désir d’aller plus loin dans ma démarche de valorisation. Comme je l’évoquait au début de ce post il y a eu un deuxième facteur déclenchant en la rencontre avec Rossana Bruzzone la fondatrice de neige en couleur que j’ai rencontré lors d’une conférence sur l’optimisme. Avec Madame Bruzzone nous avons pu constater que nous avions des points communs dans cette démarche de valorisation. Neige en couleur utilise un moyen original qui est de réaliser des ateliers d’écriture optimiste dans les résidences pour personnes âgées. Avec l’écriture optimiste Rossana Bruzzone va chercher les événements chanceux dans le quotidien des ainés leur permettant ainsi d’identifier ces belles choses que l’on a tendance à oublier. Ces événements chanceux peuvent être aussi bien dans le passé des événements marquants (mariage naissance, voyages, rencontres) ou les  »petits riens » du quotidien comme un beau soleil, une rencontre inattendue, l’Échange d’un sourire…De plus en partageant sur ma démarche créative Rossana Bruzzone trouve que ce que je fais s’inscrit dans l’esprit de la photoptimiste et qu’Il existe même un événement qui se déroule chaque année à Paris: le printemps de l’optimisme. Ces deux facteurs réunis ont donné les bases pour cette merveilleuse aventure qu’est le Saphir Optimiste. Ce dernier est une entreprise rassemblant mes aspirations humanistes conjuguées avec ce que j’aime faire la photo mais aussi l’infographie, le graphisme, la conception de projet dans une démarche de valorisation et imbibé d’optimisme.

Franck Billaud

  •  *: Programme gouvernemental d’initiation à la coopération internationale pour les jeunes québécois
  • Le site de Neige en couleur c’est ICI

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