« Je vous préviens, je ne suis pas photogénique », me lance Julia en arborant un sourire qui, à lui seul, chasse déjà les nuages. La jeune femme tient dans ses mains des tulipes cultivées avec amour, qu’elle livre lors de sa tournée matinale. Nous devons réaliser ensemble une séance de portrait commandée par l’organisme Microcrédit Montréal. Sans le savoir, Julia rayonne, avec ce mélange d’affection à ses fleurs et une authenticité désarmante.
L’art d’être et de faire
Si le savoir-faire est souvent valorisé dans le monde professionnel, on oublie parfois l’importance du savoir-être. Il s’agit de cette aptitude à exprimer son authenticité sans artifice. Être aligné avec ses valeurs et sa singularité. Julia, à travers ses créations florales des Jardins de la Renarde, en est une illustration éloquente. Plus encore, elle incarne une forme de justesse : ne pas chercher à paraître ou séduire à tout prix.
Se détacher du besoin de validation sociale pour mieux s’accepter soi-même. Accueillir ses zones d’ombre et de lumière avec lucidité et bienveillance. Et rester attentif à ne pas se laisser happer par les sirènes du marketing et des réseaux sociaux.

L’outil parfait pour mettre en lumière cette singularité humaine
En photographiant, on peut dire que l’œil est continuellement à l’affût de ce qui souligne la spécificité d’un lieu, d’un moment d’un visage. Les rides deviennent alors, non pas quelque chose à cacher, mais au contraire une véritable source de beauté. Cette dernière est bonifiée par le vécu, des coups de cœur aux douleurs,des rencontres aux séparations, des petits riens aux grandes occasions.
Je suis toujours sous le charme de ces portraits en noir et blanc où l’on voit toutes ces marques du temps. Le visage devient une sculpture marquée par les strates des années à la façon de ces cercles apparaissant sur la souche d’un arbre.
L’artisanat, cette singularité des choses
Ma nièce Hélène a ce don d’allier des compétences d’artisane et de créatrice artistique de bijoux : Carnet de Voyages. Elle a développé au fil des années un savoir-faire unique de ces créations qu’elle confectionne avec une dextérité qui me laisse rêveur. Un simple fil de métal associé avec une pierre devient une œuvre d’art… Quand on sait que chaque pierre est issue d’un voyage. Mais aussi que chaque voyage donne lieu à des enrichissements de secrets de fabrication entre artisans…
Carnet de voyage devient beaucoup plus qu’une gamme de bijoux mais tout un univers ET beaucoup d’amour que l’on porte autour du cou.

Que dire aussi de toute cette vaisselle en grès faite à la main par les moniales de Bethléem, a Chertsey. Lors de leur événement anniversaire, il y a quelques années, les sœurs ont ouvert leurs portes au public et cela a permis de découvrir, entre autres activités, la fabrication de leur poterie. Il y avait quelque chose de fascinant à voir la vaisselle prendre forme sous nos yeux. Tout aussi fascinant sont la virtuosité des mains, la concentration et aussi la joie de faire !

Voir la singularité des autres, permet de voir la nôtre (ou l’inverse). Cela nous ouvre de nouvelles perspectives. Parmi celles-ci, reconsidérer la vie avec notre propre filtre et lentille. Ainsi, nous cessons d’être l’otage du conformisme ou d’une vision standardisée du bonheur… Nous nous réapproprions les définitions de beauté, de bonheur, de poésie et pouvons le partager au monde.
Que ce soit au travers de créations ou tout simplement avec notre sourire, une parole échangée avec un inconnu. Nous connaître et reconnaître l’autre dans sa singularité mettent à l’œuvre plus d’amour et cela tombe bien, notre monde en a grand besoin !
Pour découvrir :
Les magnifiques créations artisanales de bijoux par Carnet de Voyages d’Hélène Jacquet
Les magnifiques poteries des Moniales de Bethléem
Les magnifiques créations florales des Jardins de la Renarde
